Epuisées, certaines personnes préfèrent s'asseoir à même le sol en attendant l'arrivée éventuelle d'un véhicule de transport
De longs rangs de femmes, d’hommes et de jeunes de tous âges attendent désespérément un moyen de transport pour rallier Adjamé, Marcory, Koumassi ou encore Treichville. Il est 08 heures lorsque nous arrivons au rond-point d’Anani ce lundi 02 février 2026. Sur place, le constat est sans appel : une interminable file d’attente, peu de véhicules et une tension palpable.
Attente interminable et tarifs en hausse
À peine arrivés, des jeunes membres de « syndicats » de transport scandent : « Adjamé, patientez ! Un gbaka va venir vous chercher ». Mais les minutes passent, puis les heures, sans qu’aucun véhicule ne se présente. « Je suis arrêtée ici depuis 07 heures. Je n’arrive pas à avoir de véhicule et on tend déjà vers 09 heures. En plus, les tarifs augmentent. Ils nous font le transport à 1 000 FCFA au lieu de 700 ou 500 FCFA d’habitude. C’est vraiment difficile », confie une usagère, visiblement exaspérée.
Alors que l’attente se prolonge, un minicar en partance pour la gare de Bassam à Treichville finit par se présenter. « À la gare de Treichville, c’est 800 FCFA, montez ! », lance le chauffeur. Aussitôt, des cris et des éclats de voix fusent.
« Treichville, c’est 500 FCFA aujourd’hui. C’est mieux que je reste ici, je ne peux pas payer cette somme », proteste une dame, refusant d’embarquer.
Des riverains contraints de marcher
Dans cette atmosphère lourde, certains passagers finissent par monter dans le véhicule, tandis que d’autres préfèrent attendre un éventuel car moins cher. Lassés, plusieurs riverains décident de parcourir à pied la distance jusqu’au carrefour Motard, dans la commune de Port-Bouët, afin d’y trouver un moyen de transport pour rejoindre la gare de Bassam, avant de poursuivre vers Adjamé.
Une situation que de nombreux usagers disent vivre chaque début de semaine. « C’est compliqué si on doit dépenser autant tous les jours. Il n’y a pas d’argent actuellement. Les embouteillages au niveau de Terre Rouge nous pénalisent aussi. Les riverains n’empruntent pas le pont piéton et préfèrent traverser en plein milieu de la route », déplore un passager.
Entre pénurie de véhicules, hausse anarchique des tarifs et embouteillages chroniques, les usagers du transport urbain continuent de subir un quotidien éprouvant. Une situation qui, pour beaucoup, appelle à une meilleure organisation du transport public afin de soulager des populations déjà éprouvées par la cherté de la vie.
Sonia FAITAI