Le ministre Jacques Assahoré Konan a remis des arrêtés de création a cinq comités villageois de lutte contre les feux de brousse
Le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan a procédé, le jeudi 19 février 2026, au lancement de la journée nationale 2026 de lutte contre les feux de brousse, à Kouamékro dans le département de Taabo, dans la région de l’Agnéby-Tiassa, selon un communiqué parvenu à pressecotedivoire.ci.
Cette édition qui se tient autour du thème: « Lutte contre les feux de brousse et restauration de la couverture forestière nationale, tous engagés », est, selon le ministre Assahoré, un moment de mobilisation nationale, car elle rappelle que la protection des forêts, des terres agricoles ivoiriennes et notre environnement est une question de sécurité nationale.
«On ne peut pas restaurer le climat sans éteindre les feux qui dévorent nos forêts », a til réaffirmé, tout en expliquant, le choix de Kouamékro pour abriter cette importante cérémonie. Le département de Taabo figure parmi les zones les plus vulnérables. « Les cicatrices sont encore vives : les 200 hectares de cultures ravagés à Taabo-village, les drames humains de Léléblé et d’Ahouakro hantent encore nos mémoires. Ce ne sont pas que des statistiques ; ce sont des familles brisées, des années de labeur réduites en cendres et des espoirs anéantis », a-t-il rappelé. Et de renchérir : « En 2017, une évaluation chiffrait nos pertes à 204 milliards de FCFA et 17 vies humaines », a déploré M. Assahoré.
Pour lui, le feu est un outil agricole ancestral pour nettoyer les parcelles, mais quand celui-ci franchit la limite du voisin pour dévorer la forêt ou le village, ce n’est plus un outil de travail. C’est un péril national. Cest pourquoi il a exhorté les uns et les autres à faire plus attention.
Et l’Etat ivoirien multiplie les efforts de sensibilisation. Parmi ces actions de prévention, une Base opérationnelle dédiée a été installée à Kahankro (Toumodi) pour patrouiller et dissuader. Le Comité National et les services des Eaux et Forêts sont aussi à la disposition permanente de la population. « La lutte contre les feux de brousse n’est pas la seule affaire des forestiers ou des pompiers. C’est le combat de l'agriculteur, de l'éleveur, du jeune, de la femme, du guide religieux et du chef de terre. Une forêt qui brûle, c’est la pluie qui s'en va, c’est le sol qui s'appauvrit et c'est l'avenir de nos enfants que nous sacrifions», a fait remarquer le ministre des Eaux et Forêts. Avant d’appeller tous les Ivoiriens à collaborer avec les services compétents, en dénonçant les auteurs des feux de brousse.
«Je voudrais vous inviter à prendre trois engagements simples mais essentiels : zéro feu inutile ; zéro complaisance face au comportement à risque ; zéro indifférence face à la destruction de notre patrimoine naturel. La forêt n’appartient ni à l’Etat seul, ni à une communauté particulière, mais elle est une richesse nationale. Elle est un héritage que nous avons reçu de nos devanciers et que nous devons préserver pour des générations futures », a-t-il lancé. Il a par ailleurs rendu un hommage appuyé aux comités villageois de lutte contre les feux de brousse, premières lignes de défense de la protection des forêts.
Au cours de cette cérémonie, cinq comités villageois de lutte contre les feux de brousse ( Kouamékro, Taabo-village, Ahérémou2, Adikouassikro et Singrobo) ont reçu officiellement leurs arrêtés de création qui les met en mission.
Par ailleurs, Alfred Kouassi, Kouakou Camelle, respectivement vice-président du conseil régional de l’Agneby Tiassa, et vice-présidente de la mutuelle de développement de Kouamékro se sont engagés à faire de leur zone, une région pionnière dans la lutte contre les feux de brousse en Côte d’Ivoire.
Solange ARALAMON