La Côte d’Ivoire confirme son retour en force sur l’échiquier minier africain. D’après le classement annuel publié le 26 février 2026 par le Fraser Institute, le pays se positionne à nouveau comme la juridiction minière la plus attractive d’Afrique de l’Ouest, récupérant un leadership régional perdu l’année précédente au profit du Ghana.
Avec une note de 60,92 points sur 100 à l’indice d’attractivité minière, la Côte d’Ivoire affiche une progression notable par rapport à son score de 55,70 enregistré en 2023. Une évolution qui témoigne d’une dynamique clairement positive.
Référence mondiale en matière d’évaluation des environnements miniers, le classement du Fraser Institute s’appuie sur les perceptions de dirigeants de sociétés minières opérant dans 68 juridictions à travers le monde. Deux paramètres clés entrent en ligne de compte : la qualité des politiques minières et le potentiel géologique.
Sur ces deux volets, la Côte d’Ivoire enregistre des améliorations significatives. Cette performance reflète une confiance accrue des investisseurs dans le cadre réglementaire et institutionnel du pays.
Plusieurs acteurs du secteur ne cachent d’ailleurs pas leur enthousiasme. L’australien , Justin Tremain, directeur général de Turaco Gold, opérateur du projet aurifère d’Afema, déclarait lors du forum Africa Down Under 2025 qu’il n’existe, selon lui, « aucun meilleur pays au monde » pour développer une mine d’or. Un avis partagé par Adam Oehlman, dirigeant de African Gold, qui met en avant la rapidité et la qualité des découvertes réalisées sur le projet de Didievi.
À l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire se détache nettement. Le Ghana (55,21 points) et la Guinée (52,16) complètent le trio de tête, loin devant le Mali (46,58) et le Burkina Faso (35,29), qui ferment la marche dans la sous-région.
Sur le plan continental, la performance ivoirienne permet au pays d’atteindre la 5ᵉ place africaine, derrière le Botswana, le Maroc, la Zambie et la Tanzanie. Au niveau mondial, la Côte d’Ivoire se classe 47ᵉ, tandis que l’État américain du Nevada conserve la première position.
Cette progression s’inscrit dans une vision gouvernementale assumée. En janvier dernier, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a dévoilé la Politique intégrée des ressources minérales et de l’énergie (PIRME), destinée à structurer durablement le secteur extractif.
L’ambition est claire : faire de la Côte d’Ivoire le premier producteur d’or d’Afrique à l’horizon de cinq ans. Pour y parvenir, les autorités misent sur l’amélioration continue du climat des affaires, l’augmentation des capacités de production et une exploitation minière responsable, respectueuse de l’environnement et des communautés locales.
Si les indicateurs sont au vert, la concurrence demeure rude. Le Botswana et le Maroc conservent une longueur d’avance sur le continent. Par ailleurs, l’Afrique reste globalement en difficulté dans ce classement, avec plusieurs juridictions figurant parmi les moins attractives au niveau mondial.
La Côte d’Ivoire a néanmoins démontré sa capacité à gagner rapidement du terrain. Le défi consiste désormais à traduire ces performances en retombées économiques concrètes, tant pour l’État que pour les populations.
Elysa Achi