l'economie mondiale reste attentive sur ce qui se passe en Iran
La crise iranienne a brutalement escaladé le 28 février 2026, lorsque l'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d'Iran, a été abattu à Téhéran dans une opération conjointe israélo-américaine. Ce jour marque le début d'affrontements directs entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui se prolongent maintenant depuis plus de quatre jours, au 3 mars 2026.
Depuis l'élimination du dirigeant iranien, Téhéran a riposté avec une puissance de feu impressionnante, bombardant plusieurs bases américaines au Moyen-Orient et ciblant des intérêts israéliens et alliés dans la région. Pour beaucoup d'observateurs, ces échanges de frappes massives portent en germe les prémices d'une guerre mondiale, tant les risques d'embrasement régional et au-delà paraissent élevés.
Au cœur de cette escalade : le détroit d'Ormuz, ce passage stratégique reliant le golfe Persique au golfe d'Oman et à l'océan Indien, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Toute perturbation durable de cette artère vitale menace l'économie planétaire d'un effondrement brutal, avec une flambée immédiate des prix de l'énergie.
Face à cette situation, le général de brigade Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a juré de « brûler » tout pétrolier qui tenterait de traverser le détroit d’Ormuz. Il a souligné que Téhéran ne permettrait pas qu’« une seule goutte de pétrole quitte la région ».
Selon la journaliste américaine Jennifer Griffin, de Fox News :« Le CENTCOM (Commandement central des États-Unis) affirme que le détroit d'Ormuz n'est pas fermé malgré la déclaration des Gardiens de la révolution. L'Iran ne patrouille pas le détroit et rien n'indique pour l'instant qu'il y effectue des minages. 80 % de leur pétrole est destiné à la Chine. Exploiter le détroit nuirait à l'Iran et à son principal allié. »
Au japon, le Premier ministre Sanae Takaichi a exhorté l'Iran à rechercher une « solution diplomatique » rapporte journal japonsamourai.fr.
Le média ajoute :« En raison de sa forte dépendance à l’égard du Moyen-Orient pour son pétrole brut, le Japon, pays pauvre en ressources et qui entretient traditionnellement des relations amicales avec l’Iran, a un intérêt vital à la stabilité de la région. »
Pour BBC News « Les coûts d'assurance maritime dans le détroit d'Ormuz pourraient augmenter de 50 à 100 % en cas de blocage », citant les sociétés de courtage Marsh et McGill and Partners. Une hausse qui aurait un impact immédiat sur les prix mondiaux de l’énergie.
L’Afrique observe et s’inquiète
L’Afrique n’est pas directement concernée par la violence qui s’exprime sur son flanc Est, mais elle regarde avec inquiétude l’évolution de la situation. La Cedeao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest) a exprimé sa « préoccupation face à l’intensification des hostilités dans le Golfe ». Elle craint qu’un conflit généralisé ne menace les ressources énergétiques mondiales, entraînant une flambée des prix de l’énergie. Les impacts pourraient être lourds sur des économies ouest-africaines déjà fragilisées par l’inflation, la dépendance aux importations de produits raffinés et les tensions sur la sécurité alimentaire.
Le président de l’Union africaine (Ua) , Mahamoud Ali Youssouf, a déclaré « La nouvelle escalade menace d’aggraver l’instabilité mondiale, avec de graves conséquences pour les marchés de l’énergie, la sécurité alimentaire et la résilience économique».Il a toutefois condamné « fermement les attaques de la République islamique d’Iran » contre les États du Golfe, sans mentionner l’attaque préalable israélo-américaine.
Alors que les frappes se poursuivent et que les menaces fusent autour du détroit d'Ormuz, l'Afrique mesure pleinement sa vulnérabilité face à une crise dont elle subira les ondes de choc économiques sans en contrôler les leviers. La stabilité du Moyen-Orient n'est plus une affaire régionale : elle est devenue un enjeu existentiel pour le continent.
Dominque KOBA