Méité Sindou annonce une refonte du concours de valorisation des talents après le bilan des trois premières éditions
Les organisateurs du Concours de valorisation des talents du Salon international du contenu audiovisuel d'Abidjan (SICA) entendent franchir un nouveau cap en 2026, après avoir dressé le bilan des trois premières éditions marquées par un engouement croissant des professionnels, mais également par des difficultés dans la concrétisation des projets accompagnés.
Lors de la cérémonie officielle de lancement du concours, mercredi 8 juillet 2026, à l'Espace Latrille Events de Cocody, le directeur général de l'Agence de soutien au développement des médias (ASDM), Méité Sindou, porteur du projet, a indiqué que les enseignements tirés des éditions 2023, 2024 et 2025 ont conduit à une refonte du dispositif afin de renforcer son efficacité.
« Nous avons fait le bilan des années 2023, 2024 et 2025 pour proposer des réajustements. Ces changements visent principalement à renforcer la sélection des projets et à mieux les préparer à la compétition », a-t-il expliqué.
Selon lui, le concours Pitch a enregistré en 2025 son niveau de participation le plus élevé avec 82 candidatures reçues, dont 14 projets présélectionnés et quatre lauréats. Le SICA Business Hub a, pour sa part, permis d'organiser des rencontres entre 14 producteurs et 11 distributeurs, débouchant sur six intentions de financement ou de collaboration.
Ces résultats traduisent, selon les organisateurs, une adhésion croissante des créateurs au dispositif. Toutefois, le bilan met également en évidence les limites du mécanisme actuel.
De 2023 à 2025, neuf lauréats ont été récompensés pour un montant global de 140 millions de FCFA. Malgré la mise à disposition intégrale des financements par l'ASDM, seuls deux projets sont aujourd'hui en phase de maturation. De même, les six intentions de financement issues du Business Hub en 2025 ne se sont pas transformées en accompagnements effectifs.
Pour Méité Sindou, ces constats démontrent que les besoins des créateurs dépassent le seul appui financier.
« Injecter du capital dans un projet ne suffit pas. Les porteurs de projets ont également besoin d'un accompagnement technique, administratif, juridique, de transferts de compétences et d'un environnement favorable à la réussite de leurs créations », a-t-il souligné.
Face à cette réalité, la quatrième édition du concours ambitionne d'opérer une « transformation radicale » orientée vers la professionnalisation du secteur et un impact durable sur la chaîne de valeur de l'industrie audiovisuelle.
Cette montée en puissance se traduit notamment par une augmentation continue de l'enveloppe consacrée à la valorisation des talents, passée de 10 millions de FCFA en 2023 à 50 millions en 2024, puis à 80 millions en 2025. Pour l'édition 2026, ce montant atteint désormais 100 millions de FCFA, sur instruction du ministre de la Communication, Amadou Coulibaly.
Le dispositif prévoit également plusieurs innovations, notamment la création d'une catégorie récompensant le meilleur journal télévisé dans le cadre du SICA d'Or, afin de promouvoir la qualité du traitement de l'information et de lutter contre la désinformation. Le vote du public fait également son entrée parmi les critères d'évaluation.
Le commissaire général du SICA, Oumar Konaté, a estimé que cette quatrième édition constitue « le point de bascule vers la maturité » de l'événement.
« Le SICA ne se contente plus de récompenser des projets. Nous mettons désormais en place une véritable chaîne de valeur : repérage, accompagnement, mentorat, financement, visibilité et accès au marché », a-t-il affirmé.
Selon lui, le SICA ambitionne de devenir un cadre stratégique de structuration de l'industrie audiovisuelle africaine, en favorisant les coproductions, les financements et l'accès des créateurs aux marchés internationaux.
Dans cette dynamique, les jurys seront renforcés par des experts internationaux afin d'élever le niveau d'exigence des sélections et d'aligner les projets sur les standards internationaux.
Le concours de valorisation des talents du SICA 2026 s'inscrit ainsi dans une stratégie visant à transformer les idées créatives en entreprises culturelles viables, tout en renforçant la compétitivité de l'industrie audiovisuelle ivoirienne et africaine.
Lambert KOUAME