Journées foncières d’Abidjan : la Côte d’Ivoire mise sur la sécurisation des terres pour stimuler le développement





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La question foncière s’invite au cœur des échanges internationaux en Côte d’Ivoire. Du 5 au 7 octobre prochain, le Parc des expositions d’Abidjan servira de cadre à la première édition des Journées foncières d’Abidjan (JFA), une initiative destinée à rapprocher les États, les experts et les acteurs du secteur autour des solutions permettant de mieux sécuriser les terres.

 

L’événement a été officiellement lancé mardi 11 août 2026 à Abidjan par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné. Pour cette première édition, la Côte d’Ivoire entend faire de ces journées une plateforme de dialogue, d’échanges d’expériences et de réflexion sur les réformes foncières.

Placées sous le thème « La sécurisation foncière : un facteur de cohésion sociale et un levier pour l’investissement productif, la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, ainsi que le développement durable », les JFA dépasseront le cadre ivoirien. Des délégations du Bénin, du Brésil, du Burkina Faso, du Cameroun, du Ghana, de la Guinée, de l’Indonésie, de Madagascar, du Mali, du Rwanda, du Sénégal, du Tchad et du Togo sont attendues aux côtés de la Côte d’Ivoire.

 

À travers cette mobilisation internationale, l’ambition affichée est de faire du foncier un sujet de coopération et non plus uniquement une problématique nationale. L’accès sécurisé à la terre constitue en effet un enjeu aussi bien pour les populations que pour les investisseurs, les producteurs agricoles et les collectivités.

Les participants pourront ainsi confronter leurs expériences, présenter les réformes engagées dans leurs pays et identifier des approches susceptibles d’être adaptées à différents contextes. Décideurs publics, responsables des administrations foncières, opérateurs privés, partenaires au développement, chercheurs, experts et organisations de la société civile prendront part aux travaux.

La programmation s’articulera autour de quatre principaux temps forts. Un Salon du foncier permettra aux acteurs de présenter leurs solutions et de nouer des contacts d’affaires. Une table ronde réunira les ministres en charge du foncier. Une conférence sera également consacrée aux mécanismes de financement des réformes foncières, tandis que plusieurs conférences thématiques permettront d’aborder différentes problématiques, notamment la transformation numérique du secteur.

Pays organisateur, la Côte d’Ivoire entend également exposer les avancées réalisées dans le cadre de la sécurisation de son domaine foncier rural. Le chantier reste considérable : environ 23 millions d’hectares doivent être sécurisés et 8 631 villages délimités. Le programme prévoit également la délivrance d’environ 1,5 million de certificats fonciers et la formalisation d’un volume équivalent de contrats agraires.

À ce jour, 68 026 certificats fonciers ont été délivrés. Par ailleurs, 5 786 villages ont été délimités et bornés, parmi lesquels 2 316 ont fait l’objet d’un arrêté ministériel. Le nombre de contrats agraires signés s’élève, quant à lui, à 86 447.

Pour Bruno Nabagné Koné, l’ampleur de ces défis justifie une approche collective. Les difficultés liées à la sécurisation des terres, a-t-il souligné, concernent plusieurs États et appellent donc davantage de coopération et de partage de solutions.

Cette première édition accordera une place particulière au Sénégal, désigné pays à l’honneur. Dakar devrait notamment partager son expérience dans le domaine du cadastre ainsi que ses initiatives en faveur de la prise en compte du genre dans les politiques foncières.

L’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Sénégal en Côte d’Ivoire, Paul Benoît Barka Sarr, a assuré que son pays entend pleinement jouer son rôle lors de cette rencontre.

À travers les JFA, le gouvernement ivoirien veut ainsi installer un cadre durable de coopération autour de la gouvernance foncière. La réussite de cette première édition reposera, selon le ministre Bruno Koné, sur la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes.

 

Elysa Achi

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