Touré Ahmed Bouah apporte des éclairages et le chef du village de 4 Croix dément toute caution
Le président-directeur général de SOPHIA S.A., Touré Ahmed Bouah, a apporté, mercredi 9 septembre 2026, à Abidjan, des éclairages sur les accusations portées à son encontre par Mory Soumahoro, dans le cadre d’un différend relatif à des opérations d’aménagement foncier à Anyama-Adjamé et Anyama-Ahouabo.
Au cours d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Palm Club d’Abidjan-Cocody, M. Touré a indiqué vouloir répondre aux accusations « par des documents administratifs, des plans, des coordonnées et un rapport d’expertise », plutôt que par la polémique.
La rencontre a également enregistré la présence de l’honorable Amon Siméon, chef du village de 4 Croix, présenté comme le site du projet évoqué dans le différend. Celui-ci a formellement démenti l’existence d’une quelconque caution de la chefferie en faveur de M. Soumahoro.
« Je suis l’honorable Amon Siméon, chef du village de 4 Croix, site du projet. Je démens le fait qu’il ait la caution de la chefferie », a-t-il déclaré, apportant ainsi un démenti aux affirmations faisant état d’un soutien de la chefferie au projet ou aux opérations contestées.
Le chef du village a également rappelé qu’à la suite de la lettre d’annulation précédemment établie, la chefferie n’avait plus délivré d’attestation provisionnelle relative à cette transaction.
« Depuis que nous avons écrit cette lettre d’annulation, je répète que nous n’avons plus jamais signé une attestation provisionnelle de cette transaction », a-t-il affirmé.
La conférence a par ailleurs enregistré la présence de Bongba François, superviseur de projets de SOPHIA S.A., venu apporter des éléments sur le suivi des opérations réalisées sur le terrain.
Des travaux réalisés hors du périmètre du mandat, selon l’expertise
Selon Touré Ahmed Bouah, le principal point à clarifier concerne la localisation des travaux réalisés par la société ESTP de M. Soumahoro Mory, à qui SOPHIA S.A. affirme avoir confié un mandat portant sur l’achèvement du lotissement et la commercialisation de 300 hectares sur une assiette foncière déterminée.
Le PDG de SOPHIA S.A. a expliqué que la société dispose d’un ensemble foncier évalué, après révision de l’assiette initiale, à 629 hectares 94 ares 83 centiares, situé à Anyama-Adjamé et Anyama-Ahouabo.
Il s’est notamment appuyé sur un rapport d’expertise foncière établi le 28 août 2026 par le géomètre-expert agréé et expert près les tribunaux, Coco Kouakou Habib.
D’après M. Touré, cette expertise avait notamment pour objectifs d’identifier l’assiette foncière de SOPHIA S.A., de localiser les 300 hectares confiés à ESTP, puis de déterminer la zone effectivement aménagée par cette société afin de vérifier sa conformité avec le périmètre prévu dans le mandat.
« Le vrai sujet n’est pas de savoir qui parle le plus fort », a-t-il soutenu, estimant que le différend devait être examiné à partir des documents fonciers et de la réalité physique du terrain.
La superposition des différents plans et des levés topographiques réalisés par GPS et drone ferait apparaître, selon le rapport d’expertise cité, une discordance entre le périmètre contractuellement confié à ESTP et la zone effectivement aménagée.
Touré Ahmed Bouah a affirmé que les travaux réalisés se situeraient au sud de l’assiette de SOPHIA S.A., sur une superficie évaluée à 346 hectares 37 ares 41 centiares, comprenant notamment des emprises relevant, selon le rapport cité, du Fonds de Prévoyance Militaire, de la CNPS et de l’IPS-CGRAE.
« Le rapport indique que les limites contractuelles n’ont pas été respectées », a déclaré le PDG de SOPHIA S.A., ajoutant que cette constatation constituait, selon lui, le cœur du différend.
SOPHIA S.A. annonce une saisine de la justice
S’agissant notamment des accusations de faux documents, Touré Ahmed Bouah a demandé que les pièces concernées soient précisément identifiées, ainsi que les éléments permettant d’établir leur éventuelle falsification.
Il a également contesté les affirmations selon lesquelles SOPHIA S.A. ne disposerait d’aucun droit sur l’assiette concernée, évoquant plusieurs documents administratifs, fonciers et topographiques versés au dossier de l’expertise.
Revenant sur la genèse de l’expertise, le PDG de SOPHIA S.A. a expliqué que des démarches préalables avaient été entreprises pour parvenir à une clarification du différend, notamment à travers un audit et des demandes adressées aux parties concernées.
Face à la persistance du désaccord, SOPHIA S.A. a décidé de recourir à une expertise indépendante réalisée par un géomètre-expert.
« Nous avons choisi la mesure, pas la polémique », a-t-il affirmé, annonçant désormais la saisine de la juridiction compétente.
Selon lui, cette démarche judiciaire devrait permettre d’examiner notamment le mandat, les 300 hectares concernés, l’assiette de SOPHIA S.A., les plans et coordonnées topographiques, les travaux effectivement réalisés ainsi que les montants réclamés.
Touré Ahmed Bouah a précisé que SOPHIA S.A. entendait également solliciter, si les conditions juridiques sont réunies, la révocation ou la résolution du mandat ainsi que la reddition des comptes.
Tout en reconnaissant à Mory Soumahoro et à ses partenaires le droit de contester le rapport d’expertise, il les a invités à le faire sur le terrain technique, notamment par la production d’une contre-expertise ou de documents permettant de remettre en cause les conclusions présentées.
« Aux accusations, les preuves. Aux paroles, les plans. Aux montants, l’audit. Au conflit de périmètre, l’expertise. Et au désaccord persistant, le juge », a conclu le PDG de SOPHIA S.A.
Lambert KOUAME