Désinformation et État de droit : Marthe Gnakri expose le rôle de l’ANP dans la régulation des médias
L’Autorité nationale de la presse (ANP) entend jouer pleinement son rôle dans la consolidation de la démocratie et de l’État de droit en Côte d’Ivoire. C’est ce qu’a indiqué Marthe Gnakri, Directrice de la Communication et des Relations extérieures de l’institution, lors du forum « Abidjan Médias Forum », organisé le 8 septembre 2026 à Abidjan par le groupe de presse L’Intelligent d’Abidjan.
La rencontre, placée sous le thème « Médias, coopération Sud-Sud, Sud-Nord pour la lutte contre la désinformation et le renforcement de l’État de droit », a été l’occasion d’aborder les défis auxquels sont confrontés les médias dans un environnement marqué par la circulation rapide de fausses informations.
Selon Marthe Gnakri, la régulation de la presse repose sur cinq principaux axes : la protection de la liberté de la presse, la garantie du pluralisme des médias, le respect de l’éthique et de la déontologie journalistiques, l’exercice du pouvoir disciplinaire ainsi que le contrôle des règles relatives à la création, à la propriété et aux ressources des entreprises de presse.
Pour la responsable de l’ANP, ces différentes missions participent directement au fonctionnement démocratique. La protection de la liberté de la presse et du pluralisme permet notamment aux journalistes d’exercer leur métier et aux citoyens d’accéder à une diversité de points de vue, indispensable au débat public.
La dépénalisation des délits de presse rappelée
Marthe Gnakri a également rappelé l’importance du cadre juridique ivoirien dans l’exercice de la profession journalistique. Elle a notamment évoqué la dépénalisation des délits de presse intervenue avec la loi de 2004, qui exclut les peines privatives de liberté pour les délits de presse.
Mais au-delà de la protection de la liberté de la presse, l’ANP se positionne également sur la question de la qualité de l’information.
Face à la multiplication des contenus trompeurs et à ce que certains observateurs désignent comme un « désordre informationnel », la régulation et la veille déontologique sont présentées par l’institution comme des outils permettant de lutter contre la désinformation.
L’ANP considère ainsi que le respect des règles professionnelles, notamment en matière d’éthique et de déontologie, doit contribuer à renforcer la confiance du public dans les médias.
La régulation porte également sur les conditions de création, de propriété et de financement des entreprises de presse. Pour l’institution, l’assainissement du secteur constitue un autre levier pour favoriser l’accès du public à une information fiable et de qualité.
Le panel a réuni plusieurs acteurs du monde des médias et de la communication, notamment Lacina Camara, président de l’Union Internationale des Journalistes Africains (UIJA), Dr Cheick Omar Diallo, fondateur de l’École d’Art Oratoire de Dakar, et Mathieu Bledson, rédacteur en chef du quotidien ivoirien Fraternité Matin.
À travers les échanges, les participants ont notamment mis en lumière la nécessité d’une coopération entre les acteurs des médias et les différentes régions du monde pour faire face aux nouveaux défis liés à la désinformation et au renforcement de l’État de droit.
GZ avec Sercom