La Côte d’Ivoire accueille le World AI Film Festival (WAIFF Africa), une première en Afrique francophone





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Fatim Cissé Kouadio, directrice générale de Dux CI, porte une ambition : faire de l’intelligence artificielle un outil au service de la créativité africaine



Le cinéma africain s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son rapport à l’intelligence artificielle. La Côte d’Ivoire accueille le World AI Film Festival (WAIFF Africa – Abidjan 2027), un événement consacré à la création cinématographique et audiovisuelle utilisant les technologies de l’intelligence artificielle.

Le festival a été officiellement présenté ce jeudi 24 septembre au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, en présence de plusieurs acteurs du secteur audiovisuel, du numérique et des autorités ivoiriennes.

Cette implantation constitue une double première : il s’agit de la première présence du WAIFF sur le continent africain et de sa première édition dans l’espace francophone africain.

Après des éditions organisées notamment en France, au Brésil, en Chine et en Corée du Sud, le festival s’installe donc en Afrique à partir de la Côte d’Ivoire. La licence obtenue par le pays permettra par ailleurs d’étendre l’initiative à dix pays africains, avec une attention particulière portée à l’Afrique de l’Ouest francophone.

« L’IA doit être un outil au service de notre créativité »

Pour Fatim Cissé Kouadio, directrice générale de Dux CI, structure porteuse de l’initiative, l’un des principaux enjeux est de permettre aux créateurs africains de produire davantage de contenus racontant leurs propres réalités.

« Plus de 60 000 contenus sont disponibles aujourd’hui, mais seulement 2 % sont des contenus locaux », a-t-elle relevé.

Cette situation pose, selon elle, la question de la capacité des Africains à produire et à diffuser leurs propres récits dans un environnement audiovisuel mondial en pleine mutation.

L’intelligence artificielle pourrait contribuer à réduire certaines contraintes auxquelles sont confrontés les créateurs, notamment en matière de coûts et de délais de production.

« L’IA est là. Elle permet à nos réalisateurs d’avoir des contenus plus rapidement et à moindre coût », a expliqué Fatim Cissé Kouadio.

Pour autant, elle insiste sur la nécessité de préserver la dimension humaine et culturelle de la création. L’intelligence artificielle, souligne-t-elle, « n’a pas notre culture, notre histoire ».

L’ambition du WAIFF Africa est donc de favoriser l’appropriation de ces technologies par les créateurs africains tout en mettant en avant leur identité, leur culture et leurs propres imaginaires.

Un festival ouvert à dix pays africains

L’initiative ivoirienne ne se limite pas au territoire national. Le WAIFF Africa doit s’étendre à dix pays africains. Des participants issus notamment de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Niger, du Tchad et du Togo sont concernés par cette dynamique.

Le programme prévoit notamment des master class destinées à familiariser les créateurs avec les outils d’intelligence artificielle et leurs applications dans la production audiovisuelle.

Réalisateurs, scénaristes, jeunes créateurs et professionnels du secteur pourront ainsi découvrir de nouvelles méthodes de conception, de production et de diffusion des contenus.

À travers cette démarche, les organisateurs souhaitent contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de talents africains capables d’évoluer dans une industrie audiovisuelle de plus en plus marquée par les technologies numériques.

Le numérique comme levier de création et d’emploi

Représentant Djibril Ouattara, Olivier Agoa a salué une initiative qui intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à accélérer le développement de son économie numérique et à créer davantage d’opportunités pour sa jeunesse.

L’intelligence artificielle constitue désormais, selon lui, un levier important pour le développement de nouveaux métiers et de nouvelles activités, notamment dans les industries créatives.

Mais l’essor de ces technologies doit également être accompagné d’une réflexion sur leur utilisation et leurs implications éthiques.

« Un outil peut générer une image, mais c’est le créateur qui lui donne du sens », a-t-il souligné.

Le développement de l’intelligence artificielle ne doit donc pas conduire à effacer la responsabilité du créateur. Pour les promoteurs du festival, l’innovation technologique doit aller de pair avec une utilisation responsable des outils.

Amadou Coulibaly : « La maîtrise de l’image est un facteur de puissance »

Présent à la cérémonie, le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a également salué l’organisation du festival en Côte d’Ivoire.

Il a inscrit cette initiative dans les ambitions du gouvernement ivoirien en matière de développement des industries créatives et de renforcement de l’écosystème audiovisuel national.

La Côte d’Ivoire entend notamment se positionner comme un hub audiovisuel en Afrique.

« En choisissant la Côte d’Ivoire, vous faites le pari de l’Afrique qui devient un énorme champ de production audiovisuelle », a déclaré le ministre.

Dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle et son influence croissante sur la production et la diffusion des images, Amadou Coulibaly a également insisté sur l’importance stratégique de la maîtrise des contenus.

« La maîtrise de l’image est un facteur de puissance », a-t-il affirmé.

Pour le ministre, le développement de la production audiovisuelle africaine constitue ainsi un enjeu à la fois culturel et économique.

Il a par ailleurs félicité Fatim Cissé Kouadio pour avoir permis à la Côte d’Ivoire d’obtenir l’organisation du WAIFF et son extension à plusieurs pays africains.

Mettre la technologie au service des histoires africaines

Au-delà de la compétition cinématographique, le WAIFF Africa veut se positionner comme un espace de formation, de transmission et d’expérimentation.

L’objectif affiché est d’aider les jeunes créateurs à maîtriser les nouveaux outils de production tout en préservant la singularité des récits africains.

Le défi consiste ainsi à trouver un équilibre entre innovation technologique et créativité humaine.

À travers le WAIFF Africa – Abidjan 2027, les organisateurs veulent faire de la Côte d’Ivoire une nouvelle porte d’entrée du World AI Film Festival sur le continent et offrir aux créateurs africains un espace pour expérimenter, apprendre et raconter leurs propres histoires.

Dans une industrie audiovisuelle mondiale en pleine transformation, l’enjeu sera désormais de voir comment les créateurs africains s’approprieront l’intelligence artificielle pour produire davantage de contenus et, surtout, faire entendre leurs propres voix.

 

GZ

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