La lutte contre le cancer du sein s’est poursuivie au plus près des communautés, samedi 3 octobre 2026, à M’Brimbo. Au total, 236 femmes ont bénéficié gratuitement d’un dépistage à l’initiative de l’ONG « Cœur Glorieux », dans le cadre de son programme d’activités 2026 et de la campagne Octobre Rose.
Loin des grands centres urbains, l’action a permis de rapprocher le dépistage des femmes de cette localité de la région de l’Agnéby-Tiassa. Pour l’ONG, l’enjeu est notamment d’encourager les femmes à faire du dépistage un réflexe et à consulter sans attendre l’apparition de symptômes.
« Notre objectif est de sensibiliser au dépistage et de briser les tabous autour de cette maladie », explique Liliane Kpazara, présidente fondatrice de « Cœur Glorieux ».
Dans certaines communautés, la peur du diagnostic, le manque d’information ou encore les difficultés liées à l’accès aux structures sanitaires peuvent contribuer au retard de consultation. L’organisation entend donc privilégier des actions de proximité afin de toucher des populations qui ne se rendent pas toujours spontanément dans les centres de santé.
À M’Brimbo, la campagne a ainsi combiné dépistage et sensibilisation. Les femmes ont pu bénéficier d’informations sur le cancer du sein, les signes qui doivent conduire à consulter et l’importance d’un suivi médical.
Un enjeu de santé publique
Le cancer du sein reste un important problème de santé publique en Côte d’Ivoire. Selon les estimations de GLOBOCAN 2022, le pays a enregistré 3 869 nouveaux cas et 2 092 décès liés à cette maladie.
Face à cette situation, le renforcement de l’accès au dépistage constitue un enjeu majeur. En mars 2026, le ministère de la Santé a notamment réceptionné la première mammobile publique du pays, destinée à rapprocher les services de diagnostic des populations.
Pour le Dr Armand Séa, médecin-chef du service Action sanitaire (CSAS) à la Direction départementale de la santé de Tiassalé, représentant le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, les initiatives communautaires contribuent à renforcer la culture de prévention.
La sensibilisation, estime-t-il, ne devrait pas se limiter à une campagne ponctuelle. Elle doit permettre aux populations de mieux connaître la maladie et d’adopter des comportements favorables à leur santé.
Le médecin recommande notamment de consulter rapidement un professionnel de santé en cas de modification inhabituelle du sein, notamment l’apparition d’une masse, une modification de la forme ou de la peau, ou encore un écoulement.
L’autosurveillance peut aider les femmes à mieux connaître leur corps, mais elle ne remplace pas un examen médical. Lorsque cela est nécessaire, des examens complémentaires peuvent être prescrits par un professionnel de santé.
Le Dr Armand Séa appelle également les populations à la prudence face à certaines pratiques pouvant retarder la prise en charge médicale.
« Il faut éviter les médicaments traditionnels et consulter un professionnel de la santé dès qu’on constate une anomalie au niveau du sein », conseille-t-il.
La proximité au cœur de la prévention
Pour Étienne Kadjo Kassi, chef du village de M’Brimbo, l’organisation d’une telle opération dans la localité permet de lever une partie des obstacles liés à l’éloignement.
« Nous sommes heureux d’accueillir cette initiative dans notre village. Elle permet à nos femmes d’avoir accès au dépistage sans avoir à parcourir de longues distances. Nous les encourageons à ne pas avoir peur et surtout à ne pas attendre d’être malades avant de consulter », souligne-t-il.
Le chef du village souhaite que ce type d’action puisse se poursuivre au bénéfice des populations de M’Brimbo et des localités environnantes.
Avec les 236 femmes dépistées lors de cette opération, « Cœur Glorieux » entend poursuivre la mise en œuvre de son programme 2026, en plaçant la prévention et la proximité au centre de ses interventions.
À M’Brimbo, l’initiative rappelle ainsi que la lutte contre le cancer du sein ne se joue pas uniquement dans les établissements sanitaires. Elle passe également par l’information, le dépistage précoce et la capacité à rapprocher les services de santé des communautés.
GZ