Quatre experts de la sécurité routière ont animé un panel pour informer les populations
Un panel a été animé par des experts du secteur de la sécurité routière, au lancement de l’opération « Vies Sauves 2026 », organisé par le Groupement professionnel de l’industrie du pétrole (GPP), ce vendredi 9 octobre 2026, à Abidjan.
A cette tribune, le directeur général de l’Office de sécurité routière (OSER), Étienne Kouakou Coulibaly, a insisté sur la formation des conducteurs et la responsabilité des témoins. Il a dénoncé les comportements consistant à s’approcher des citernes accidentées pour récupérer le carburant versé ou filmer les scènes, alors que : « la seule conduite à tenir est de s’éloigner immédiatement de la zone de l’accident et d’alerter les services compétents », a-t-il rappelé.
Pour le chef des opérations du Groupement des sapeurs-pompiers militaires (GSPM), le commandant Landry Stéphane Bony Yamba, ces accidents sont d’une gravité extrême car en générale, ce sont des substances inflammables que contiennent ces camions-citernes. « Le renversement d’une citerne n’est jamais un accident ordinaire. Elle transporte souvent plus de 30 000 litres de carburant. Une fois libérée, cette énergie ne pardonne aucune erreur », a-t-il averti.
Il a appelé les populations à s’approprier les gestes essentiels de sécurité dans ce genre de situation. Il s’agit de s’éloigner, d’alerter, d’éviter toute source d’énergie ou d’étincelle et de bloquer l’accès à la zone.
Il a également rappelé que la prévention commence avant le départ du camion, grâce à l’entretien des véhicules, au respect des limitations de vitesse et à la formation des équipages.
Le directeur général du Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), le professeur Bernard Yapo Ossey, a, quant à lui, fait un diagnostic de la situation. Il a noté que dans la période allant du 1er janvier 2023 au 7 octobre 2026, 40 accidents de camions-citernes ont été gérés par ses services. Le taux de ces accidents a connu une hausse de plus de 88% entre 2024 et 2025. 53 de ces accidents détaillés proviennent du même opérateur et seulement 2 dossiers sur 17 ont pu avoir une dépollution attestée. « Le Ciapol constate les pollutions, la réparation des milieux reste l’exception, faute de responsable clairement désigné lors du transport », a-t-il regretté.
Pour régler le problème, il a proposé dix mesures pour améliorer la prévention et la gestion des accidents. Parmi celles-ci figurent l’audit des flottes de transport, le renforcement des dispositifs d’alerte, la géolocalisation des citernes, la mise en place de moyens d’intervention d’urgence et l’instauration d’une assurance contre les risques de pollution.
Le directeur général du Haut Conseil du patronat des entreprises de transport routier de Côte d’Ivoire (HCPETR-CI), Ibrahima Diaby, a assuré que les transporteurs prendraient part à cette mobilisation, notamment sur les corridors reliant la Côte d’Ivoire aux pays voisins. Il a appelé les conducteurs et les usagers de la route à respecter les consignes de sécurité en cas de sinistre.
Cette opérations « Vies Sauves 2026 », qui sillonnera la Côte d’Ivoire pendant huit semaines, autour du thème « Ensemble, sauvons des vies », permettra à tous les acteurs de conjuguer leurs efforts pour le bonheur des populations.
Solange ARALAMON