Réforme électorale en Côte d’Ivoire : CIVIS veut lever les zones d’ombre sur les résultats des urnes





reforme-electorale-en-cote-divoire-civis-veut-lever-les-zones-dombre-sur-les-resultats-des-urnes


L’ONG CIVIS Côte d’Ivoire, avec à sa tete Dr Christophe Kouamé, organise, le mardi 20 octobre 2026 à Abidjan, une conférence consacrée à l’intégrité des résultats électoraux. Les échanges porteront notamment sur la traçabilité des procès-verbaux, la vérification des suffrages et les expériences du Sénégal et du Ghana.

La transparence du processus électoral ne se limite pas au déroulement du vote. Elle repose également sur la fiabilité des opérations qui conduisent à la proclamation des résultats. C’est autour de cet enjeu que CIVIS Côte d’Ivoire organise, le mardi 20 octobre 2026, une conférence sur le thème : « Réformer la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire : de l’intégrité du vote à l’intégrité du résultat ».

Prévue à partir de 8 h 30 au CERAO, aux Deux-Plateaux-Aghien, au carrefour Opéra, cette rencontre vise à contribuer au renforcement de la gouvernance électorale à travers des propositions juridiques, institutionnelles et opérationnelles destinées à améliorer la transparence et la vérifiabilité des résultats.

Selon les termes de référence de l’activité, cette initiative intervient dans un contexte marqué par la poursuite des discussions sur la réforme du système électoral ivoirien, notamment autour du parrainage citoyen prévu à l’article 51 du Code électoral et des propositions soumises par plusieurs partis et groupements politiques au ministère de l’Intérieur.

Au-delà de ces évolutions, CIVIS Côte d’Ivoire entend attirer l’attention sur un aspect essentiel de la crédibilité des élections : la chaîne de production des résultats, depuis le dépouillement dans les bureaux de vote jusqu’à la proclamation des résultats définitifs.

La traçabilité des procès-verbaux au cœur des échanges

Les travaux porteront notamment sur les procédures de dépouillement, la rédaction et la transmission des procès-verbaux (PV), le recensement et la compilation des suffrages, ainsi que les mécanismes de vérification et de correction des éventuelles erreurs.

La question des garanties permettant de prévenir la perte, la substitution ou l’altération des documents électoraux figurera également parmi les sujets examinés. L’objectif est d’identifier des dispositifs documentaires et numériques susceptibles de renforcer la traçabilité des opérations et de faciliter la vérification des résultats à chaque étape.

Les participants se pencheront aussi sur la portée de l’article 39 du Code électoral ivoirien et son articulation avec les autres dispositions applicables. Les mécanismes de recomptage et de re-collation des suffrages seront également abordés.

Pour CIVIS Côte d’Ivoire, l’enjeu est de contribuer à un système dans lequel les résultats proclamés peuvent être vérifiés à partir de documents fiables et de procédures clairement établies. Une telle démarche vise à renforcer la confiance des citoyens, à prévenir les contestations et à consolider la légitimité des institutions issues des urnes.

Le Sénégal et le Ghana comme références comparatives

La conférence s’appuiera sur une analyse comparative des cadres juridiques et institutionnels de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Ghana. Des experts sénégalais et ghanéens doivent prendre part aux échanges en ligne afin de partager des expériences susceptibles d’éclairer les réflexions sur la réforme électorale ivoirienne.

Cette approche comparative doit permettre d’examiner les pratiques relatives à la transmission des procès-verbaux, à la compilation des résultats et aux mécanismes de vérification ou de correction, afin d’identifier des garanties adaptées au contexte national.

La rencontre réunira notamment des représentants de l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI), des parlementaires, des administrations compétentes, des partis politiques, des organisations de la société civile, des observateurs électoraux, des médias et des universitaires.

Les organisations de jeunes et de femmes seront également associées aux travaux. Une attention particulière sera accordée à la participation des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap.

Des recommandations destinées aux autorités

Au terme des échanges, CIVIS Côte d’Ivoire prévoit de faire adopter des recommandations et de proposer un mécanisme de suivi des engagements des parties prenantes. L’association entend ensuite transmettre ses propositions de réforme au ministère de l’Intérieur et engager un plaidoyer auprès des acteurs concernés.

La démarche annoncée se veut technique, inclusive et non partisane, dans le respect des compétences des institutions et du principe de contradiction.

À travers cette initiative, CIVIS Côte d’Ivoire souhaite ainsi placer la fiabilité de la chaîne des résultats au centre du débat sur la gouvernance électorale. L’enjeu est de dépasser la seule question de la régularité du vote pour examiner également les conditions dans lesquelles les suffrages exprimés sont comptabilisés, vérifiés et transformés en résultats définitifs.

GZ

Partarger cet article

En lecture en ce moment

Revue de presse : l’actualité fortement dominée par l’investiture de Ouattara

Poutine prêt à donner gratuitement 300.000 T d’engrais aux pays en développement