Éditorial : Y voir un signe





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Édito



Il y a ceux qui voient les signes et ceux qui passent à côté. Ceux qui savent lire, dans un événement en apparence anodin, les prémices d’un bouleversement, et ceux qui n’y voient qu’une circonstance parmi tant d’autres. Pourtant, notre monde n’a jamais été aussi bavard. Il nous parle à travers ses coïncidences, ses silences et ces petits événements auxquels nous ne prêtons pas toujours attention. 

Encore faut-il savoir regarder, savoir lire entre les lignes et, parfois, accepter de croire. Samedi dernier, à la 85e minute du match face à l’AFAD, alors que nous venions d’encaisser le but de l’ouverture du score, nos joueurs ont trouvé les ressources pour égaliser. Une réalisation tardive dans la douleur, qui nous a permis de d'nscrire notre premier but de la saison en Ligue 1. Un but pourtant peu célébré, comme si sa portée échappait encore aux acteurs, comme si l’essentiel restait à accomplir. Et si, justement, le signe était là ? Non pas dans l’explosion de joie, mais dans la réaction. Non pas dans la célébration d’un point arraché, mais dans ce refus de la défaite qui nous a conduits à aller chercher l’égalisation au moment où le temps semblait nous échapper. Il aura fallu être menés pour réagir, être mis à l’épreuve pour révéler cette volonté de ne pas céder. Peut-être fallait-il passer par cette difficulté pour que quelque chose se déclenche enfin. Car au-delà du résultat, ce but peut marquer le véritable point de départ de notre saison. 

 Certains n’y verront qu’une égalisation tardive, un point de consolation au terme d’une rencontre difficile. Pour notre part, nous voyons davantage le signe d’un déclic d’une saison qui demande encore à s’écrire. Bien sûr, un but ne garantit rien. Il ne promet ni les victoires à venir ni les lendemains heureux. Mais il peut devenir ce sursaut qui nourrit la confiance, ravive l’ambition et rappelle à chacun que rien n’est perdu tant que l’on refuse de baisser les bras. En littérature comme en philosophie, les signes ne livrent pas toujours leur sens au premier regard. Ils attendent parfois que nous leur donnions une signification. Alors, croyons en nous. 

Croyons en cette équipe. Et croyons que ce premier but, arraché dans la douleur et presque passé sous silence, en appellera beaucoup d’autres. Car les signes les plus importants ne sont pas nécessairement ceux que l’on célèbre le plus bruyamment, mais ceux qui nous donnent une raison supplémentaire d’avancer. À nous, désormais, de transformer ce signe en réalité.

 Benoît YOU

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