Zoonoses : la Côte d’Ivoire renforce la surveillance pour prévenir les menaces sanitaires émergentes





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Pour les acteurs, prévenir la prochaine crise sanitaire passe aussi par une surveillance accrue de la faune sauvage



Le renforcement des capacités des acteurs sanitaires, l’amélioration de la collecte et de la notification des données ainsi que la détection précoce des maladies transmissibles de l’animal à l’homme constituent les principaux objectifs de l’atelier de formation sur les outils de collecte de données et la notification des zoonoses, ouvert lundi 2 novembre 2026 à Grand Bassam.

Organisée dans le cadre de ZOOSURSY, un projet visant à renforcer les systèmes de détection, les laboratoires et la préparation face aux maladies zoonotiques émergentes et réémergentes (dont le virus Ebola), avec le soutien financier de l’Union européenne et l’appui technique de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), cette formation de trois jours vise à améliorer la collaboration entre les services vétérinaires, les structures de santé publique et les acteurs chargés de la gestion de la faune sauvage, dans le cadre de l’approche « Une Seule Santé ».

Représentant le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Touré, le directeur des Services vétérinaires et du Bien-être animal, Dr Kallo Vassaly, a souligné la nécessité de renforcer les compétences des différents acteurs afin qu’ils disposent d’une compréhension commune des maladies émergentes, des mêmes outils de surveillance et d’une capacité harmonisée d’analyse des informations sanitaires.

Il a expliqué que cette démarche doit permettre de transformer les données collectées sur le terrain en décisions opérationnelles, en vue de prévenir les épidémies ou d'organiser une riposte précoce et efficace.

Selon lui, la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale étant étroitement liées, leur surveillance ne peut être conduite de manière isolée. Il a notamment évoqué les menaces liées à l’influenza aviaire, à la rage, à la Mpox, à la tuberculose bovine et à la fièvre charbonneuse observée dans la faune sauvage, qui appellent à une vigilance permanente.

Pour sa part, le coordinateur régional pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale du projet ZOOSURSY, Dr Yacinthe Guigma, a indiqué que cette formation entend particulièrement renforcer la surveillance sanitaire de la faune sauvage, un secteur dont les mécanismes de suivi restent à consolider en Côte d’Ivoire.

Il a relevé que si le dispositif de surveillance des maladies animales domestiques fonctionne, des efforts supplémentaires restent nécessaires concernant la faune sauvage, notamment au regard de son implication dans l’émergence de certaines maladies telles qu’Ebola, la Mpox et Marburg.

À cet effet, les participants seront formés à l’utilisation de nouveaux outils de collecte de données développés ou recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’OMSA.

Une attention particulière sera accordée à l’outil WildEpi de l’OMSA, destiné à renforcer la surveillance sanitaire de la faune sauvage. Des exercices pratiques, des études de cas et des simulations sont également prévus pour faciliter son appropriation par les participants.

Les travaux devront ainsi déboucher sur des recommandations concrètes pour améliorer les mécanismes de surveillance conjointe, les circuits d’alerte et la notification des zoonoses prioritaires.

À travers le projet ZOOSURSY, financé par l’Union européenne, la Côte d’Ivoire entend consolider son système national de surveillance des maladies animales et renforcer durablement la collaboration entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale.

 

Lambert KOUAME

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