À l’occasion de la 11e édition de la Semaine mondiale de la sécurité des médicaments (#MedSafetyWeek), l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) intensifie ses actions de sensibilisation. Le 3 novembre 2026, l’institution a organisé une session de renforcement des capacités à l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara de Bingerville afin d’encourager les professionnels de santé à signaler davantage les effets indésirables liés aux médicaments.
La sécurité des médicaments est au cœur de la campagne #MedSafetyWeek 2026, qui se déroule du 2 au 8 novembre autour du thème : « Effets indésirables : ne les ignorez pas, notifiez-les ! ». En Côte d’Ivoire, l’AIRP entend profiter de cette mobilisation mondiale pour renforcer la culture de la notification auprès des acteurs du système sanitaire.
Première étape d'une série de cinq visites dans des structures de référence, l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville a accueilli une formation destinée à son personnel médical et paramédical. Représentant le directeur général de l’AIRP, la Dre Audrey Dindji Kodia, cheffe du Service Vigilances et Essais cliniques, a particulièrement insisté sur la nécessité de surveiller les effets des médicaments chez les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les nouveau-nés et les enfants.
Ces populations sont souvent peu représentées dans les essais cliniques. Les informations sur la sécurité des traitements qui leur sont administrés reposent donc largement sur les signalements effectués après la commercialisation des médicaments. La responsable a notamment évoqué le drame de la thalidomide, un médicament prescrit à des femmes enceintes au début des années 1960 et responsable de milliers de malformations congénitales.
La notification, une obligation réglementaire
Au cours de la session, les participants ont été sensibilisés aux dispositions de l’arrêté n° 000345 du 14 juillet 2026 portant organisation et mise en œuvre des vigilances en Côte d’Ivoire. Selon son article 17, tout professionnel de santé ayant constaté un effet indésirable doit le notifier immédiatement à l’AIRP, qu’il ait ou non prescrit, délivré ou administré le produit concerné.
Les signalements ne se limitent pas aux réactions indésirables accompagnées de symptômes. Les erreurs médicamenteuses, les surdosages, les défauts de qualité et les expositions à un médicament pendant la grossesse ou l’allaitement doivent également faire l’objet d'une notification, même en l'absence de conséquences apparentes.
« Notifier n’est pas dénoncer », a insisté la Dre Audrey Dindji Kodia. L'objectif est de renforcer la surveillance des médicaments et de prévenir les risques pour les patients, et non de sanctionner les professionnels qui effectuent les déclarations.
Environ 150 notifications de médicaments par an
Les données nationales illustrent l'ampleur du défi. En 2024, l'AIRP a enregistré 2 122 notifications, dont 1 972 manifestations post-vaccinales indésirables (MAPI). En 2025, elle en a recensé 878, dont 727 MAPI. Les notifications concernant spécifiquement les médicaments restent autour de 150 par an.
Pour faciliter les signalements, l'AIRP met à la disposition des professionnels de santé et des populations trois moyens de déclaration : l'application mobile gratuite Med Safety, disponible sur Android et iOS, son site internet www.airp.ci et l'adresse électronique pharmacovigilance@airp.ci.
À Bingerville, des exercices pratiques inspirés de situations rencontrées en maternité et en pédiatrie ont permis aux participants de s'exercer à identifier les situations devant faire l'objet d'une notification. La Dre Viviane Kouassi, cheffe du service de pharmacie de l'HME, a également présenté le dispositif interne de vigilance de l'établissement.
Vers un centre de référence mère-enfant
La rencontre a aussi ouvert des perspectives de collaboration entre l'AIRP et l'Hôpital Mère-Enfant. Au cours d'une séance de travail restreinte, les deux équipes ont examiné la possibilité de faire de l'établissement un centre de référence en pharmacovigilance pour le couple mère-enfant.
La session a été clôturée par la professeure Sylvia Da Silva-Anoma, directrice médicale et scientifique de l'HME.
À travers cette campagne de terrain, qui se poursuit jusqu'au 8 novembre dans cinq structures sanitaires de référence, l'AIRP ambitionne de renforcer le réseau national de pharmacovigilance et d'améliorer le signalement des effets indésirables. Un enjeu essentiel pour garantir une utilisation plus sûre des médicaments en Côte d'Ivoire.
GZ