une vue de la table de séance de la rencontre d’échanges organisée dans le cadre de la 14ᵉ édition de la campagne de sensibilisation
La présence de plomb dans les peintures commercialisées en Côte d’Ivoire reste préoccupante, malgré une baisse des concentrations relevée dans certains échantillons en 2026. Sur les 74 échantillons analysés cette année, 21 ont enregistré une diminution de leur teneur en plomb. Toutefois, certaines peintures affichent encore des concentrations supérieures au seuil de 90 parties par million (ppm) fixé par la CEDEAO. Ces résultats figurent dans une note transmise à notre rédaction le vendredi 6 novembre 2026 par le Centre africain pour la santé environnementale (CASE).
Depuis 2017, le CASE réalise, en partenariat avec l’ONG LEEP, des analyses sur les peintures vendues en Côte d’Ivoire. Les résultats disponibles jusqu’en 2025 avaient déjà révélé l’ampleur du phénomène à Abidjan. Une habitation sur trois parmi celles testées était concernée par la contamination. De même, deux pots de peinture sur cinq analysés présentaient des concentrations supérieures à 90 ppm.
Cette présence de plomb constitue un risque pour la santé, particulièrement celle des enfants. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) citées dans la note, un enfant sur trois dans le monde présente un taux élevé de plomb dans le sang. L’exposition à ce métal toxique peut affecter le développement du cerveau, les capacités d’apprentissage et le système nerveux. Chez les adultes, elle les expose également à des risques d’atteintes rénales et cardiovasculaires.
Le danger ne concerne pas uniquement les travaux de peinture. Les anciennes couches contenant du plomb peuvent libérer des poussières toxiques lorsqu’elles se dégradent, s’écaillent ou sont poncées. Ces particules peuvent contaminer les habitations et être inhalées ou ingérées par leurs occupants.
Pour limiter cette exposition, un projet d’arrêté visant à plafonner la teneur en plomb des peintures à 90 ppm est en cours d’élaboration. L’organisation invite les autorités ivoiriennes à poursuivre les démarches en vue de sa signature. L’adoption de ce texte permettrait de mieux encadrer les produits concernés et de renforcer les contrôles sur le marché.
Cette problématique était également au centre de la campagne internationale de lutte contre l’empoisonnement au plomb, organisée du 18 au 24 octobre 2026. Des actions de sensibilisation dans les médias et des opérations de dépistage en milieu scolaire ont été menées à cette occasion.
Au-delà de la sensibilisation, l’entrée en vigueur d’une réglementation sur le plomb dans les peintures reste attendue pour mieux prévenir les risques de contamination en Côte d’Ivoire.
Elysa ACHI