La dissolution du gouvernement de Beugré Mambé est un acte stratégique
La décision du président Alassane Ouattara de dissoudre le gouvernement dirigé par Robert Beugré Mambé n’a rien d’un coup de théâtre. Elle obéit avant tout à une logique institutionnelle bien connue dans le fonctionnement d’un État républicain.
Si cette dissolution était attendue, son calendrier retient toutefois l’attention. Elle intervient à un moment clé de la vie parlementaire, à la veille de l’ouverture d’une session de l’Assemblée nationale qui doit conduire à l’élection du nouveau président du Parlement. Or, le Premier ministre Mambé est désormais député, tout comme plusieurs membres de son équipe gouvernementale.
Dans ces conditions, le maintien du gouvernement posait un problème de compatibilité. En effet, un ministre ou un Premier ministre ne peut pas, en même temps, participer aux travaux de l’Assemblée nationale. Une telle situation créerait une confusion entre deux pouvoirs distincts : l’exécutif et le législatif.
La dissolution permet donc aux ministres concernés de siéger normalement au Parlement et de prendre part aux décisions importantes à venir, notamment au choix du futur président de l’Assemblée nationale. Par la suite, si certains d’entre eux sont reconduits dans le prochain gouvernement, ils quitteront l’hémicycle et leurs sièges seront occupés par leurs suppléants.
En clair, cette décision vise à respecter les règles du jeu démocratique et à éviter tout chevauchement des rôles.
Modeste KONÉ