Il existe beaucoup d'interrogations autour de l'arrestation du bloggeur Jean-Christian Konan
Jean Christian Konan a été placé sous mandat de dépôt et écroué au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA, ex-MACA), à l’issue de son déferrement devant le parquet, mercredi 18 février 2026, selon le journaliste Antoine Assalé Tiémoko. Arrêté le lundi 16 février d’avant, il fait désormais l’objet d’une information judiciaire ouverte pour plusieurs infractions présumées.
Les faits retenus à ce stade, révèle la même source, portent notamment sur des accusations de diffamation, d’appel au meurtre, d’incitation à la haine, de trouble à l’ordre public, d’appel à la destruction de biens privés, d’appel à la violence en groupe ainsi que de filouterie. L’instruction devra déterminer la matérialité des faits et les responsabilités éventuelles.
Une série de plaintes depuis 2024
L’affaire s’inscrit dans un contexte judiciaire plus large. Plusieurs entreprises et particuliers, soutenait le journaliste Yacouba Doumbia, ont saisi la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC), évoquant des faits présumés liés à la diffusion de fausses informations, à la diffamation et à des soupçons d’escroquerie.
D’après des éléments concordants, les premières démarches remontent à juin 2024, lorsqu’une société du secteur privé engage une procédure. Une autre entreprise, basée à l’international, emboîte le pas quelques semaines plus tard. Au début de l’année 2025, d’autres structures, notamment issues des secteurs immobilier et associatif, déposent à leur tour plainte.
Parmi les volets du dossier figure également un contentieux financier estimé à 80 millions de francs CFA, intégré à l’une des procédures en cours.
Mandat d’arrêt et élargissement de l’enquête
La procédure a connu une accélération notable le 18 novembre 2025, avec la délivrance d’un mandat d’arrêt par le 2ᵉ cabinet du juge d’instruction du Tribunal de Première Instance de Bingerville, selon, d’après lui, des sources judiciaires.
En janvier et février 2026, deux nouvelles plaintes sont venues s’ajouter au dossier, élargissant ainsi le périmètre des investigations. L’instruction est conduite sous la supervision du procureur de la République, tandis que les enquêtes techniques se poursuivent au sein de la PLCC.
À ce stade, aucune communication officielle de la défense de Jean Christian Konan n’a été rendue publique en réaction à son placement sous mandat de dépôt.
Une affaire au cœur du débat public
Au-delà de la procédure judiciaire, l’affaire suscite de nombreuses réactions dans l’opinion. Le journaliste Ferro Bally a, dans un commentaire sur le Meta, interrogé la chronologie des poursuites. Il estime que l’existence de plaintes anciennes et d’un mandat d’arrêt antérieur soulève des questions sur le calendrier de l’interpellation.
Selon lui, les poursuites pourraient être liées à certaines prises de position publiques de l’intéressé, notamment sur des sujets sensibles comme le remblayage de la lagune. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes relaient cette analyse, évoquant une possible réactivation de procédures restées jusque-là peu visibles.
D’autres voix, en revanche, appellent à laisser la justice suivre son cours, rappelant que les infractions reprochées relèvent du droit pénal et nécessitent un examen approfondi.
Présomption d’innocence
À ce stade de la procédure, aucune décision sur le fond n’a été rendue. L’ouverture d’une information judiciaire marque le début d’une phase d’instruction destinée à établir les faits.
Conformément aux principes de droit, Jean Christian Konan demeure présumé innocent tant qu’un jugement définitif n’est pas intervenu.
Modeste KONÉ